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Un peu de théorie

Étape 4 : demande ou exigence ?

demande ou exigence

Suite et fin du rappel théorique sur les 4 étapes du processus de la CNV. La demande en est la 4ème étape. Elle arrive une fois que l’on a identifié nos observations, nos sentiments et nos besoins.

En effet, une fois que nous sommes conscients de nos sentiments et besoins, nous allons pouvoir nous demander : quelle demande concrète pourrais-je faire pour me sentir mieux et prendre soin de mes besoins ?

A qui adresser une demande ?

Il est possible d’adresser une demande à :

  • une autre personne.
  • plusieurs personnes (un groupe, notre famille…).
  • nous-mêmes : parfois nous pouvons agir nous-même pour nourrir un besoin, ou parfois nous n’avons pas les moyens d’aller vers les autres.

Attention ! Si nous décidons d’adresser une demande à une autre personne, il se peut que la meilleure personne qui sera à même de contribuer à notre bien-être ne soit pas nécessairement la personne qui a déclenché nos sentiments désagréables ! En effet, si nos besoins sont trop éloignés de ceux de l’autre personne à ce moment-là, il se peut qu’on puisse nourrir notre besoin en faisant une demande à une autre personne.

Par exemple, si mon conjoint rentre le soir, fatigué de sa journée et que j’ai besoin de partage et d’échange, et que lui a juste besoin de repos et de silence… Une amie sera peut-être plus à même de contribuer à mes besoins !

Car il ne faut pas oublier qu’un besoin n’est pas lié à un objet ou une personne précise et qu’il y a une multitude de stratégies qui peuvent nourrir ce besoin.

Exercice : Pour un besoin, trouver trois demandes que vous pourriez faire et qui permettraient de prendre soin de ce besoin.

Pour reprendre l’exemple ci-dessus :

  • Si j’ai un besoin de partage, je peux :
    • Appeler une amie.
    • Parler avec mes enfants.
    • Demander à mon conjoint de me prévenir lorsqu’il se sentira disponible pour qu’on parle.

Dire clairement ce que l’on veut que l’autre fasse, ou ne fasse pas, pour contribuer à notre bien-être permet d’éviter les malentendus et les interprétations. En même temps, une vraie demande laisse à l’autre la liberté de dire non.

Différents types de demandes 

Il existe plusieurs types de demandes : les demandes d’actions et les demandes de relation.

La demande d’action :

  • Elle est concrète. Il s’agit d’une chose factuelle à effectuer.
  • Elle est exprimée en langage positif : on exprime ce que l’on veut ou et non ce que l’on ne veut pas.
  • Elle est réaliste et réalisable (de notre point de vue). Il faudra vérifier si c’est également le cas pour l’autre.
  • Elle est précise et évite les généralités. Elle porte sur une action en particulier.
  • Elle s’exprime dans le présent même s’il s’agit d’un engagement pour plus tard. « Peux-tu me dire maintenant, quel jour tu viendras ? » plutôt que « Es-tu d’accord pour venir me voir ? »
  • Une demande est négociable. C’est-à-dire que l’autre a la possibilité de nous répondre non.

Les demandes de relation :

  • Les demandes de contact : pour clarifier le cadre et le contexte de la relation. « J’aimerais te parler, es-tu disponible maintenant ? »
  • Les demandes de reformulation : pour vérifier que nous avons bien été entendu. « Je ne suis pas sûre d’avoir été claire, pourrais-tu me dire ce que tu as entendu ? »
  • Les demandes d’expression : après avoir parlé, nous pouvons demander à l’autre de s’exprimer. « Comment réagis-tu quand je te dis cela ? »

Elles peuvent sembler inhabituelles mais pourraient représenter la majorité de nos demandes ! A chacun de trouver des formulations qui pourraient être intégrées facilement à son quotidien.

Bien sûr, il n’est pas question de réduire une relation uniquement à des demandes qui viseraient à satisfaire nos besoins ! En effet, nous risquerions de voir l’autre comme un moyen de d’arriver à nos fins, au lieu de le voir pour lui-même.

La liberté de dire non

Lorsqu’on adresse une adresse à une autre personne, elle la liberté de refuser ! Si elle répond favorablement par soumission, obligation ou par peur des représailles, nous nous mettons dans une relation inégalitaire et risquée ! En effet, comme la personne aura accepté de mauvaise grâce notre demande, elle risquera de ressentir une frustration qu’elle nous fera probablement percevoir à un moment ou à un autre. Il est donc important de vérifier que si l’autre accède à notre demande, il le fait par joie et non pas par obligation ou peur.

Demande ou exigence ?

Il y a des moments, où nous allons faire des demandes mais où nous ne serons pas ouverts à recevoir un non ! Il ne s’agira donc pas d’une demande, au sens de la CNV, mais d’une exigence, car pour nous, il n’est pas possible que l’autre agisse autrement.

Dans ce cas, il ne serait pas authentique de nous exprimer sous couvert d’une demande puisqu’au final, elle ne serait pas négociable.

On peut exprimer nos limites à l’aide d’observations puis d’une demande de relation :

« Je ne peux plus accepter que l’on abime mes outils (observation). Si la situation se reproduisait, je ferai le choix fermer à clé ma boite à outils (observation). Comment te sens-tu lorsque je te dis ça (demande de relation) ? »

Il se peut qu’une autre solution soit trouvée grâce au dialogue.

En bref,

  • Lorsque j’ai identifié mes besoins, je me fais une demande à moi-même ou à une autre personne pour me sentir mieux.
  • Je peux faire une demande d’action ou de relation.
  • S’il s’agit d’une exigence, je ne la déguise pas en demande et je m’exprime de façon authentique.

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Crédit photo: Pexels

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